Thierry Saussez et ses colistiers muselés quittent le conseil municipal en claquant la porte.

Mardi 25 février s’est tenu le dernier conseil municipal de cette mandature. A l’ordre du jour : attribution des DSP plages ( la Fossette, Aiguebelle, le Layet, Cavalière et Pramousquier ) et attribution de la DSP pour l’exploitation du cinéma.

Lors de ce conseil, Gil Bernardi, maire sortant, a présenté le dossier de la DSP cinéma pour finalement demander au conseil de voter sa décision. Il a interdit à Thierry Saussez de prendre la parole pour expliquer le vote de l’équipe CAP 2026 se mettant ainsi en infraction de l’article  L 21-21-13 du code général des collectivités territoriales et en imposant un vote sans débat.

Thierry Saussez, Marie Jo Bonnier et Guy Cappe ont donc quitté le conseil municipal.

Inutile de dire qu’aucun conseiller municipal ne s’est dressé devant une telle infraction et déni de démocratie, ni ceux de la majorité, ni ceux du groupe dirigé par Jean-Laurent Félizia, la Ville Heureuse.

Par ailleurs, on peut se demander du bien-fondé de voter la DSP du cinéma la « veille » des élections municipales, sachant que le conseil municipal ne sera plus le même le mois prochain.

Nous voterons contre cette délibération car même si nous sommes favorables à la réalisation d’un cinéma au Lavandou, votre projet bâclé, fait à la hâte, ne tient pas la route.

D’abord parce que vous le faites financer intégralement par les contribuables. Vous vous camouflez derrière subventions, vente d’actifs, etc., mais la dure réalité c’est que, communal, départemental, régional ou national c’est toujours le contribuable qui paye. Et la commune qui prend le risque pour 4 à 5 millions d’euros.
2ème raison

Vous avez  rectifier mes chiffres sur la fréquentation des cinémas de Hyères mais  si le cinéma de Hyères – en place depuis des années et rénové – fait 181.000 entrées avec 6 salles, le challenge de faire plus de la moitié de ces entrées pour un nouveau concurrent, dans une zone de population plus étroite, est impossible à tenir. Et cela d’autant plus que Hyères a 6 salles. En prenant la fréquentation moyenne de ces salles vous ne pouvez pas dépasser 65000 entrées au Lavandou loin des 90 ou 100000 entrées promises.

Votre projet  ne sera jamais rentable :

D’ores et déjà il est construit pour un investissement de 4 à 5 millions d’euros sur une rentabilité que vous osez à peine évoquer tant elle défie toutes les bonnes pratiques de gestion : 10 000€ en N+1, jamais plus de 20 000€ par an en 10 ans.

Le cinéma est une activité commerciale. Figurez vous, cela vous paraîtra incroyable, que j’ai en la matière une expérience supérieure à la vôtre. J’ai été pendant 15 ans Vice-Président du Théâtre André Malraux et des cinémas ARIEL à Rueil. Le chiffre d’affaires annuel est réalisé pour une large partie par 6 à 7 blockbusters, les grands films à succès. Il faut donc laisser la plus grande liberté et la plus large mobilité possibles à l’opérateur. C’était la base du premier projet de cinéma, adopté à l’unanimité par le conseil municipal, qui ne coûtait pas un centime à la commune et que vous avez fini par torpiller dans des conditions obscures. Le nouveau projet relancé à la hâte choisit d’encadrer avec une usine à gaz administrative pour ne pas dire socialo-communiste une activité commerciale et de la brider ce qui se termine toujours très mal lorsque l’on cherche un mauvais compromis entre le business et l’économie administrée.

Quant à l’opérateur que vous proposez, ce n’est évidemment pas et malheureusement pas UGC ou Pathé Gaumont mais une société exploitant essentiellement des cinémas en Normandie et dont la surface financière est évidemment limitée. J’en veux pour preuve son dernier bilan connu en 2019 avec un peu plus de 40 000€ de résultat en diminution de 71% par rapport à l’année précédente. 

Et faute de rentabilité financière, tout ce qui est prévu en matière d’activités vers les scolaires, les jeunes, les associations, les seniors ne tiendra pas la route.
L’absurdité, en tout cas dans votre projet initial, va jusqu’à confier à l’opérateur la gestion du cinéma de plein air et donc à mettre les 2 sites en concurrence affaiblissant l’un des 2 équipements… ou les 2.

On a donc tout lieu de craindre une évolution à la tropezienne : le cinéma n’est pas rentable. Mais la commune ne veut pas le fermer. Elle octroie donc une subvention de plus de 500000 € pour continuer l’exploitation.

Voilà. Nous sommes bel et bien dans une réalisation nécessaire d’un cinéma mais dont vous faites une aventure financière.

Thierry Saussez

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